Agriculture togolaise : comment l’élevage redonne espoir aux jeunes ruraux

L’agriculture togolaise et l’élevage restent aujourd’hui très majoritairement familiaux. La plupart du temps, ils reposent sur des méthodes traditionnelles, parfois peu efficaces, ce qui limite les revenus des exploitants. Beaucoup de jeunes hésitent donc à reprendre les activités de leurs parents, faute de perspectives solides et de moyens pour se lancer. Pourtant, ces deux secteurs regorgent de possibilités qui pourraient offrir un véritable avenir à la jeunesse rurale, à condition qu’elle soit correctement formée et accompagnée.

Le pays fait face à un autre défi important : celui de l’analphabétisme. Une grande partie de la population rurale n’a pas été scolarisée, ce qui freine encore davantage l’accès à la formation professionnelle. Dans certaines régions, la plupart des adultes n’ont jamais fréquenté l’école, et les jeunes se retrouvent souvent sans les compétences nécessaires pour s’insérer dans la vie active. C’est dans ce contexte que de nouvelles initiatives cherchent à ouvrir des portes et à donner une place réelle aux jeunes dans le développement agricole.

Le projet « Or Gris des Savanes » fait partie de ces initiatives porteuses d’espoir. Il accompagne de jeunes ruraux qui souhaitent se lancer dans l’élevage, en les formant dans une Maison Familiale de Formation Rurale. Ces centres, qui fonctionnent par alternance entre formation théorique et immersion chez un éleveur, permettent aux jeunes d’acquérir une véritable maîtrise des techniques agricoles. Au fur et à mesure de leur parcours, ils construisent leur propre projet d’élevage et, lorsque celui-ci est solide, une subvention leur est accordée pour démarrer leur activité dans de bonnes conditions.

Ce dispositif ne se limite pas à transmettre des connaissances : il redonne confiance, ouvre des perspectives et aide les jeunes à devenir des acteurs du développement local. Ceux qui sortent de ces formations sont mieux armés pour créer et gérer leur propre activité, améliorer leurs revenus et contribuer au dynamisme économique de leur communauté. Grâce à ce modèle, soixante jeunes ont déjà pu se lancer dans l’élevage et trouver leur place dans le monde professionnel.

L’histoire de Michel illustre parfaitement cette dynamique. Faute de moyens, il avait quitté l’école très jeune. Il ne voyait pas vraiment d’avenir devant lui, jusqu’à ce qu’il découvre la possibilité de devenir éleveur de pintades. Avec l’appui d’Elevage et Solidarité pour les Familles au Togo et de la Maison Familiale de Formation Rurale, il a reçu une formation complète, un accompagnement pour monter son projet et une aide financière pour démarrer. Aujourd’hui, il exerce un métier qui le passionne, il peut faire vivre sa famille et il incarne l’espoir d’une nouvelle génération prête à valoriser les richesses rurales du Togo.

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