Dans nos cuisines togolaises, l’igname a toujours occupé une place de choix. Le foufou, le foutou, le wassawassa… ce sont des repas qui ont bercé notre enfance. Mais depuis quelques années, une nouvelle habitude s’est installée : la farine d’igname. Présentée comme une solution pratique, elle séduit de plus en plus de foyers. Pourtant, derrière sa facilité, elle suscite aussi des questions légitimes.
Sommes-nous en train de gagner du temps… ou de perdre un savoir-faire ?
Le pilage de l’igname était autrefois un moment fort : un geste transmis de génération en génération, une compétence culinaire, parfois même un moment de solidarité familiale.
Aujourd’hui, ce rituel disparaît peu à peu. Certes, la farine nous simplifie la vie, mais on peut se demander : que restera-t-il de nos pratiques d’antan lorsque tout sera “instantané” ?
Une texture qui divise les puristes
Même si la farine d’igname offre une pâte correcte, les puristes rappellent souvent que “rien ne vaut un bon foufou pilé”. La texture, la souplesse, l’élasticité… ne sont pas toujours identiques. Et pour certains, on perd un peu de l’identité du plat.
Un produit pratique, mais industrialisé
La farine d’igname est un produit transformé : séchage, broyage, conditionnement… Cela pose aussi des questions :
– Qui fabrique ?
– Dans quelles conditions ?
– Perd-on des nutriments lors du séchage ?
– Est-elle parfois mélangée à d’autres farines ?
Autant de points qui méritent d’être surveillés, surtout dans un marché où tous les producteurs ne respectent pas toujours les normes.
Le paradoxe : critiquée, mais indispensable
Malgré les débats, impossible d’ignorer la réalité : la farine d’igname a trouvé sa place.
Elle facilite la vie des familles, des étudiants, des citadins. Elle permet de préparer un foufou rapide, propre et sans effort, à un moment où tout le monde manque de temps.
La farine d’igname n’est ni un “danger” pour notre cuisine traditionnelle, ni un produit miracle. C’est une évolution logique de notre époque : une solution pratique, qui répond à un besoin réel, mais qui nécessite une consommation éclairée.
Elle nous pousse à réfléchir à une question importante : comment moderniser sans perdre l’âme de nos plats ?




