Au port de pêche de Lomé, une nouvelle ère s’ouvre pour la filière halieutique togolaise. Jeudi dernier, les principaux acteurs de ce secteur vital se sont réunis pour poser les jalons d’une structuration ambitieuse et durable. De cette volonté collective est née la Fédération Nationale des Unions Coopératives de Pêche du Togo (FENUCOOPETO), désormais présidée par Dosseh Legbeze, un expert respecté du milieu.
Élu pour un mandat de quatre ans, le nouveau président s’est engagé à professionnaliser l’activité de pêche au Togo, grâce à une série d’actions concrètes. Parmi les priorités : renforcer la gouvernance des coopératives de base, faciliter l’accès aux équipements et intrants, sensibiliser les acteurs sur les bonnes pratiques d’hygiène, et surtout améliorer les systèmes de conservation du poisson.
Ce renouveau vise également à stimuler la consommation locale et à valoriser le poisson togolais dans la gastronomie nationale.
Selon les données officielles, le Togo ne couvre aujourd’hui qu’un quart de ses besoins halieutiques, estimés à 80 000 tonnes par an. Avec une production annuelle d’environ 20 000 tonnes, la marge de progression est considérable. Ce sous-secteur emploie plus de 22 000 personnes, dont 12 000 femmes impliquées dans la transformation, la conservation et la vente du poisson. Pourtant, il ne contribue qu’à 4 % du PIB agricole.
Cette restructuration est donc perçue comme un levier économique, mais aussi un moteur pour la cuisine togolaise, qui regorge de recettes à base de produits de la mer. Bar braisé aux épices locales, soupe de poissons fumés: les spécialités culinaires togolaises trouvent dans la mer un terroir riche et encore sous-exploité.
Au-delà des chiffres, c’est toute une culture culinaire qui peut être relancée grâce à la pêche durable. Le poisson, ingrédient central des plats du sud comme du nord du pays, est prisé pour ses qualités nutritionnelles et gustatives. La relance du secteur pourrait renforcer la souveraineté alimentaire, tout en boostant la gastronomie locale et l’offre touristique.
Avec l’appui de la FENUCOOPETO, le poisson togolais pourrait enfin reprendre sa place d’honneur dans les cuisines, les marchés et les restaurants. Une opportunité unique de réconcilier tradition, économie et plaisir gustatif, dans un Togo qui mise sur l’excellence de ses saveurs marines.




