Togo : La pêche artisanale maritime, un secteur vital malgré des moyens limités

Avec 50 km de côte, le Togo dispose d’une bande littorale relativement courte, mais très active en matière de pêche artisanale maritime. Cette activité s’exerce sur 23 sites de débarquement, dont 17 dans la préfecture des Lacs et 6 dans celle du Golfe. Si la majorité de ces sites ne comptent que 2 à 20 pirogues, le port de pêche de Lomé, dans la préfecture du Golfe, fait figure d’exception avec 173 pirogues recensées.

👥 Une communauté fortement engagée dans la pêche
L’enquête a recensé 2 640 pêcheurs, dont plus de 70 % vivent exclusivement de la pêche. Les pêcheurs résident généralement dans les villages ou quartiers proches des débarcadères. La majorité (75 %) sont de nationalité togolaise, avec une importante communauté d’origine ghanéenne, dont certains ont acquis la nationalité togolaise. Une proportion non négligeable (15 %) reste étrangère, concentrée au port de Lomé.

🛶 Pirogues et motorisation
Le pays compte 370 pirogues, dont 239 dans le Golfe et 131 dans les Lacs. Deux types dominent :

  • Pirogues monoxyles simples
  • Pirogues monoxyles améliorées type ghanéennes (360 unités, plus grandes et plus motorisées)

Le taux de motorisation est de 65 % à l’échelle nationale, avec une nette supériorité dans le Golfe (76 %) grâce aux grandes embarcations du port de Lomé, souvent équipées de moteurs hors-bord de 40 à 50 CV.

🎣 Techniques de pêche utilisées
Cinq engins de pêche sont principalement utilisés :

  • Filet maillant (Awoulè)
  • Senne tournante (Watsa
  • Senne de plage (Yovodo)
  • Ligne simple (Akpom)
  • Palangre (Gatrala)

Les filets maillants se déclinent en quatre catégories :

  • Filet maillant de fond (Tonga)
  • Filet de surface (Awli)
  • Filet flottant (Gbéla)
  • Filet à requin (Gbowlé do ou Anifa)

📅 Saisonnalité et production
Dans les Lacs, l’activité est stable toute l’année avec une baisse de mai à juillet. Dans le Golfe, la pêche est intensive de juin à octobre, période où les petits pélagiques côtiers abondent. La production annuelle de la pêche artisanale maritime est estimée à 7 522 tonnes.

🚫 Défis majeurs du secteur
Les infrastructures sont largement insuffisantes. La majorité des sites de débarquement manquent de services de base (eau, électricité, sanitaires, espaces de conservation, marchés). Les pêcheurs, commerçants et transformateurs de poissons subissent donc des conditions de travail précaires malgré l’importance économique de leur activité.

📚 Niveau d’instruction et accès aux services
Environ 56 % des professionnels du secteur maritime savent lire et écrire, avec un taux similaire dans les deux préfectures. Les villages et quartiers de pêcheurs sont généralement bien desservis en écoles primaires, centres de santé et puits.

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