L’huile de palme est extraite de la pulpe des fruits du palmier à huile (Elaeis guineensis), un arbre originaire d’Afrique tropicale. Elle est à distinguer de l’huile de palmiste, qui provient du noyau du même fruit.
Avec plus de 50 millions de tonnes produites chaque année, elle est aujourd’hui l’huile végétale la plus consommée au monde. L’Indonésie et la Malaisie assurent à elles seules 85 % de la production mondiale. Utilisée traditionnellement dans les cuisines d’Afrique de l’Ouest, sa culture s’est étendue au XXe siècle en Amérique du Sud et en Asie.
Une star de l’agroalimentaire moderne
L’huile de palme est massivement utilisée dans les aliments transformés pour remplacer les graisses animales (comme le saindoux ou le beurre) et les huiles végétales hydrogénées. Elle présente des qualités physico-chimiques idéales : bonne conservation, résistance à la chaleur et richesse en β-carotène.
Mais elle est aussi devenue, à la fin du XXe siècle, le symbole des dérives de l’agro-industrie : déforestation, monoculture intensive, exploitation humaine, et préoccupations sanitaires.
Un usage millénaire en Afrique
Sa haute teneur en acides gras saturés soulève de vives critiques. Contrairement aux acides gras essentiels, les acides gras saturés ne sont pas indispensables à l’organisme et peuvent favoriser l’obésité et les maladies cardiovasculaires.
Une méta-analyse de 2015 conclut que l’huile de palme a un impact négatif sur le cholestérol, comparable aux graisses animales ou hydrogénées, et bien plus marqué que celui des huiles riches en acides gras insaturés (comme l’huile d’olive ou d’arachide).
Les critiques nutritionnelles : santé en ligne de mire
Les fouilles archéologiques en Égypte attestent de son usage depuis plus de 5 000 ans. Originaire des forêts d’Afrique de l’Ouest, le palmier à huile a voyagé grâce aux commerçants arabes vers l’Égypte, puis aux colons portugais vers le Brésil au XVe siècle.
Les noix de palme étaient également utilisées pour nourrir les esclaves pendant le commerce triangulaire.
À partir du XVIIIe siècle, l’huile de palme est utilisée en Europe pour la cuisson, mais aussi pour fabriquer des savons, chandelles et lubrifiants. La révolution industrielle en accroît la demande, notamment dans les chemins de fer.
- En 1851, le roi Sodji de Porto-Novo signe un traité commercial avec la France pour favoriser le commerce de cette huile.
- Des palmeraies sont plantées au nord de Porto-Novo sur les conseils de négociants afro-brésiliens.
- Les savonneries de Marseille deviennent des débouchés privilégiés pour l’huile togolaise.
Mais dès 1864, la fin du protectorat français de Porto-Novo marque un tournant. L’arachide du Sahel prend le relais dans les circuits coloniaux, concurrençant le palmier à huile.
À la fin du XIXe siècle, l’huile de palme est la principale exportation de pays comme le Ghana ou le Nigeria. En 1885, William Lever lance à Liverpool une production industrielle de savon à base d’huile de palme. Son entreprise, Lever Brothers, deviendra la multinationale Unilever.
Dans le domaine de l’éclairage, elle permet la fabrication de bougies stéariques, plus sûres que les chandelles en suif. L’entreprise Price’s Candles en Angleterre en est l’un des pionniers.
En 1854, Price’s Candles brevète un procédé permettant d’obtenir de la glycérine à partir d’huile de palme. Cette innovation trouve des applications dans les cosmétiques, produits pharmaceutiques, et même les explosifs (nitroglycérine).
Peu à peu remplacée par les huiles minérales et dérivés du pétrole, elle fait un retour en force au XXe siècle grâce à son faible coût de production et ses qualités technologiques, devenant incontournable dans l’industrie agroalimentaire.
En 1981, l’insecte Elaeidobius kamerunicus, seul capable de polliniser efficacement le palmier, est introduit en Asie du Sud-Est. Ce geste permet à la Malaisie et l’Indonésie de devenir les géants de la production mondiale actuelle.


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