En pays Akposso et Akébou, dans les belles hauteurs des préfectures d’Amou, de Wawa et d’Akébou, il y a une céréale qu’on ne cuisine pas à la légère : le fonio, affectueusement appelé “ova”.
Petite, discrète, mais redoutablement précieuse, cette graine est un héritage culturel transmis depuis des générations. À Amlamé, le cœur bat au rythme du fonio chaque deuxième samedi de décembre, lors de la fameuse fête “Ova-zu” – littéralement “récolte du fonio”.
À l’occasion de Ova-zu, tout le village se met en effervescence :
🎉 Dégustations, chants, danses traditionnelles, tenues flamboyantes et surtout… des plats de fonio à profusion !
Mais attention, chez les Akposso, le fonio n’est pas qu’une céréale. Il est :
- 🪄 Mystique, utilisé par les initiés,
- 💘 Symbolique, dans les mariages traditionnels (on dit qu’un plat de fonio pouvait sceller une union à vie !),
- ⚔️ Historique, car selon la légende, il aurait été une “arme secrète” pour les anciens guerriers dans la défense de leurs terres.
Et ce n’est pas qu’un plat de fête : il est aussi dégusté au petit-déj sous forme de bouillie onctueuse, ou transformé en amuse-bouche pendant les retrouvailles familiales.
Malheureusement, malgré toutes ses qualités, le fonio est en voie de disparition. De plus en plus délaissé au profit de cultures jugées “plus rentables”, le fonio se bat pour sa survie dans les champs.
Heureusement, des initiatives comme celle de la coopérative Wakpawla à Hihéatro redonnent espoir : production locale, transformation artisanale, sensibilisation des jeunes… le combat continue pour que le fonio retrouve sa place de roi dans les marmites togolaises.
Le fonio, c’est la mémoire comestible du peuple Akposso. En valorisant le woxè, c’est tout un héritage qu’on fait revivre : les ancêtres, les rituels, les histoires d’amour, et surtout… l’art de bien manger à la togolaise 🇹🇬🍽️





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