Au nord du Togo, niché entre les montagnes Kabiyé et la chaîne de Défalé, vit un peuple au patrimoine unique : les Nawdba (pluriel de Nawda). Ils habitent principalement la préfecture de Doufelgou, dont le chef-lieu est Niamtougou, une terre aussi fière que fertile.
Souvent appelés à tort « Losso » – une confusion historique héritée de l’administration coloniale française – les Nawdba tiennent à affirmer leur identité distincte. Leur langue, le Nawdm, appartient au sous-groupe Oti-Volta des langues Gur et révèle une parenté linguistique avec le yom du nord Bénin, et même avec le mòoré du Burkina Faso.
Une histoire marquée par les migrations et les traditions
L’origine des Nawdba mêle traditions mystiques et données linguistiques : certains affirment être descendus du ciel dans les forêts sacrées de Koka et Siou, tandis que d’autres, plus réalistes, évoquent une migration de l’Est vers Djougou (Bénin), et plus loin encore depuis les terres burkinabè.
Agriculteurs dans l’âme, ils vivent de l’agriculture vivrière, cultivant du mil, du sorgho, des ignames, du manioc, et même du fonio. Leurs champs nourrissent non seulement les foyers mais aussi les traditions culinaires profondément enracinées dans leur identité.
La Tignargou : Un trésor culinaire du pays Nawda
Si l’on devait désigner une fierté gastronomique des Nawdba, ce serait sans aucun doute la sauce Tignargou. Ce mets typique du Nord du Togo est un hymne aux saveurs rustiques et généreuses du terroir.
Imagine une sauce qui mijote doucement avec :
- Des haricots cornille (niébé), tendres et fondants,
- Du gombo sec qui donne une texture veloutée,
- Le tchotou, ce fromage traditionnel au parfum irrésistible,
- Du poisson fumé (avec du bon vieux doèvi, bien sûr),
- Et un bouquet d’épices : gingembre, muscade africaine, piment, le tout lié par de l’huile rouge et la fameuse potasse locale (djim).
Cette sauce se déguste avec de l’akoumè, pâte de céréales locale, et chaque bouchée vous transporte au cœur des villages Nawdba, là où la cuisine est une langue maternelle.




