La filière mangue au Togo : Un secteur stratégique en pleine expansion

La mangue occupe une place essentielle dans l’agriculture togolaise. Cultivée dans les cinq régions économiques du pays, elle fait l’objet d’une forte demande, tant sur le marché local qu’à l’international. Parmi les variétés les plus répandues, on retrouve la Kent, appréciée pour sa chair sucrée et peu fibreuse, ainsi que la Palmer, une mangue de grande taille et particulièrement résistante. D’autres variétés comme l’Eldon et la Somnole, bien que moins connues, séduisent également les consommateurs pour leurs qualités gustatives.

Au-delà de la consommation en fruit frais, la transformation de la mangue représente une véritable opportunité économique. Les jus, les fruits séchés et les confitures sont autant de produits dérivés qui permettent de valoriser la production et de diversifier les débouchés commerciaux.

Une filière en quête de structuration

Face à l’essor de la production et à la nécessité d’une meilleure organisation, les acteurs du secteur se sont regroupés en coopératives et fédérations. La Fédération Nationale des Coopératives Productrices de Mangue du Togo (FNCPM) et la Fédération Nationale de Commerçants et Exportateurs de Mangue (FNCEM) ont ainsi vu le jour, avant de s’unir au sein du Conseil Interprofessionnel de la Filière Mangue (CIF-Mangue), basé à Lomé depuis décembre 2019. Cette structuration vise à renforcer la filière et à améliorer la compétitivité des producteurs togolais sur le marché international.

Des défis à relever pour un développement durable

Malgré son potentiel, la filière mangue au Togo est confrontée à plusieurs difficultés. Le manque de formation et d’encadrement des producteurs limite l’optimisation des rendements, tandis que l’accès aux intrants agricoles et aux équipements de production reste insuffisant. Les pertes post-récolte demeurent élevées, faute d’infrastructures de stockage et d’unités de transformation adaptées. De plus, l’absence de certification empêche l’exportation vers certains marchés internationaux exigeants.

Toutefois, le pays dispose d’atouts indéniables pour le développement de cette filière. Le climat favorable, la disponibilité des terres agricoles et l’augmentation de la demande extérieure constituent des opportunités à exploiter pour renforcer la compétitivité de la mangue togolaise.

Des perspectives prometteuses

Pour surmonter ces obstacles et dynamiser la filière, plusieurs initiatives sont en cours. L’élaboration d’un guide de bonnes pratiques vise à améliorer la qualité de la production et à garantir une meilleure traçabilité des mangues togolaises. En parallèle, des efforts sont déployés pour renforcer les unités de transformation existantes et obtenir des certifications qui faciliteraient l’exportation. L’accompagnement technique et financier du ProDRA/GIZ constitue un appui précieux pour la mise en œuvre de ces actions stratégiques.

L’ambition pour les années à venir est claire : faire de la mangue une filière porteuse, créatrice d’emplois et compétitive sur le marché international. En améliorant la qualité des fruits destinés à l’exportation, en réduisant les pertes post-récolte et en sensibilisant les producteurs aux bonnes pratiques phytosanitaires, le secteur pourrait jouer un rôle clé dans la croissance économique du pays.

La filière mangue togolaise possède un potentiel considérable, mais son essor dépendra des efforts déployés pour surmonter les défis actuels. En renforçant l’organisation des acteurs, en modernisant les infrastructures de transformation et en valorisant les produits dérivés, le Togo pourrait se positionner comme un acteur incontournable sur le marché international de la mangue. Avec une vision stratégique et un accompagnement adéquat, cette filière pourrait devenir un véritable levier de développement économique pour le pays.

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