
Au marché, certains choisissent leur plantain bien vert. D’autres cherchent une peau jaune, avec quelques taches noires. Chacun a son idée derrière la tête : le premier pense à son repas, le second entend déjà le bruit des bananes qui dorent dans l’huile. Avec le plantain au Togo, tout commence par une question : « Tu veux le préparer comment ? »
Appelé amadan en éwé, le plantain occupe une place familière dans nos cuisines. On le retrouve notamment dans la région des Plateaux, du côté de Kpalimé, d’Atakpamé ou de Badou. Sur les étals comme à la maison, ses régimes annoncent de belles possibilités pour les prochains repas.
Amadan, un ingrédient qui sait évoluer
Le plantain a cette particularité de changer de goût et de texture en mûrissant. Encore vert, il est ferme et peu sucré. À mesure que sa peau jaunit, sa chair devient plus tendre et sa douceur s’affirme.
Et lorsque les taches noires apparaissent, inutile de le condamner trop vite. Une peau noircie ne signifie pas forcément que le fruit est abîmé : il faut regarder l’état de la chair. Un plantain bien mûr peut encore faire le bonheur de la cuisine, surtout quand des beignets sont au programme.
Bref, amadan vieillit parfois mieux que nos bonnes résolutions alimentaires.
Bouilli, frit ou en beignets, il trouve sa place
Bouilli, le plantain accompagne volontiers une sauce et offre un repas simple, généreux et rassasiant. Frit, il développe une surface dorée et une douceur qui se marie bien avec les préparations relevées.
Bien mûr, il peut aussi entrer dans la préparation des kaklo, ces beignets sucrés-salés qui disparaissent mystérieusement pendant la cuisson. La personne chargée de les préparer appelle cela « vérifier l’assaisonnement ». Après le cinquième, on commence tout de même à avoir des questions.
Chaque préparation révèle une autre facette du plantain. C’est aussi ce qui le rend si pratique : selon sa maturité et l’envie du jour, il trouve une nouvelle place dans l’assiette.
Un goût familier, des Plateaux à nos tables
Pour ceux qui connaissent Kpalimé, Atakpamé, Badou et leurs environs, le plantain fait partie des produits que l’on associe facilement à la région des Plateaux. Le retrouver dans une cuisine, c’est parfois retrouver une habitude de famille, un repas partagé ou un souvenir de marché.
Amadan n’a pas besoin de beaucoup de discours pour convaincre. Une bonne cuisson, un accompagnement bien choisi, et chacun s’occupe sérieusement de son assiette.
Envie de le découvrir en version gourmande ? Retrouvez notre présentation des kaklo, les beignets de plantain.
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